Vous voulez offrir un cadeau de Noël à un membre de votre famille qui aime les livres ou vous êtes vous-même en manque d’inspiration pour votre propre liste de souhaits ?

En collaboration avec le bureau du tourisme Atout France, nous avons sélectionné huit livres d’auteurs francophones traduits en suédois en 2021, à déposer au pied du sapin ! 

Jefferson de Jean-Claude Mourlevat
Lilla Piratförlaget
Traduction : Marianne Tufvesson
Illustrations: Antoine Ronzon

Venu se faire rafraîchir la houppette au salon Défini-Tif, le hérisson Jefferson découvre l’horreur: M. Edgard, son coiffeur, gît sur le sol, assassiné. Aussitôt accusé du crime, Jefferson est contraint de se cacher, avec l’aide de son meilleur ami, le cochon Gilbert.  La seule façon de blanchir le nom de Jefferson est de faire preuve de courage et de ruse pour trouver le véritable assassin. Bien décidés à trouver le coupable, ils remontent une piste mystérieuse qui les entraînent au pays des êtres humains. 

Aventure, suspens et humour se mêlent finement à une critique de la société dans le roman de Jean-Claude Mourlevat, le lauréat du prix Astrid Lindgren de cette année 2021, connu comme le « Prix Nobel de la littérature jeunesse ».

Aya de Yopougon de Marguerite Abouet
Epix förlag
Traduction: Göran Semb 
Illustrations : Clément Oubrerie

Fin des années 1970, en Côte d’Ivoire à Yopougon, quartier populaire d’Abidjan. C’est là que vit Aya, 19 ans, une jeune fille sérieuse qui préfère rester étudier à la maison plutôt que de sortir avec ses copines. Elle rêve de devenir médecin. Aya partage ses journées entre l’école, la famille et ses deux meilleures amies : Adjoua et Bintou, qui ne pensent qu’à traîner, sortir le soir, boire et danser, et surtout flirter avec les garçons. Les choses se gâtent lorsque Adjoua se retrouve enceinte par mégarde. Que faire ? 

Dans son livre Marguerite Abouet nous plonge dans un décor, celui de l’Afrique, de sa chaleur, de l’ambiance de ses petits villages et du quotidien des jeunes. Elle nous montre un côté plus humain que celui présenté dans les actualités, un monde étranger mais finalement pas si différent du nôtre. Marguerite Abouet a d’ailleurs  reçu de nombreux prix en France et à l’international pour ses merveilleuses histoires.

Chevreuse de Patrick Modiano
Elisabeth Grate förlag
Traduction : Anna Säflund-Orstadius

Il y a trente ans, le narrateur s’était vu confié une enquête par l’agence de détectives qui l’employait : il s’agissait de retrouver une jeune femme disparue. Ses recherches avaient alors tourné court, et voilà que soudain, si longtemps après, cette affaire resurgit à sa mémoire et l’incite à la reprendre là où il l’avait laissée. Au gré des coïncidences et des rencontres avec une série de personnes plus ou moins douteuses à Paris, la piste mène finalement à Rome et à sa vie nocturne.

Construit comme une esquisse qui s’éclaircit à mesure des touches de lumière apposées peu à peu par l’auteur, le texte nous fait errer dans les limbes des souvenirs du narrateur. Tout le roman repose sur l’idée que le présent est le résultat de notre passé et influencera lui aussi notre futur. 

Histoire de fils de Marie-Hélene Lafon
Elisabeth Grate förlag
Översättning: Anna Säflund-Orstadius

Le fils, c’est André. La mère, c’est Gabrielle. Le père est inconnu.

André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille.Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils sonde le cœur d’une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences.

On est toujours le fils de quelqu’un ; mais de qui ? Du géniteur absent ou de la figure paternelle qui vous élève ? Et de fils, on deviendra père, un père qui portera le poids des non-dits familiaux. Combien de générations seront nécessaires au comblement du manque malgré l’amour de l’entourage familial ? Dans son roman, Marie-Hélène Lafon, gagnante du prix Renaudot 2020, n’élude aucune question et surtout nous apporte, à travers le temps, la réponse qui renoue le fil brisé de la filiation.

Marie-Hélene Lafon et Anna Säflund-Orstadius sont également les lauréates du prix littéraire international de Kulturhuset Stadsteatern 2021.

Em de Kim Thùy
Sekwa 
Traduction : Marianne Tufvesson

Au Vietnam, le mot “em” sert à dire sa tendresse, sa délicate attention pour l’autre, plus jeune ou plus âgé et se prononce comme le nom français “aime”. Dans un square de Saigon, sous un banc, un bébé a été abandonné. Louis, orphelin métis, de quelques années son aîné, le couche dans une grande boîte en carton. Il l’appelle Em Hong, « petite sœur » Hong. Louis prendra soin d’elle jusqu’à ce qu’ils soient séparés, lors de l’opération Babylift, au printemps 1975, qui évacue peu avant la chute de la ville les orphelins de guerre et enfants nés de GI’s. Sans le savoir, ils auront des vies parallèles, celles d’enfants américains adoptés. Ils ignorent ce que leur existence doit à la multitude de destins brutalisés avant eux dans le long conflit vietnamien. Em, c’est le fil qui relie les ouvriers des plantations de caoutchouc en Indochine aux femmes des premiers salons de manucure en Amérique du Nord. Ce sont les liens d’amour et de haine entre les vies brisées de la « guerre américaine ».

Dans ce roman, Kim Thúy noue des histoires vraies, pleines d’images fortes, méconnues ou aussi célèbres que la photo prise à My Lai. Sa prose lyrique et sobre nous embarque dans une traversée bouleversante de l’Histoire : celle de la guerre du Vietnam qui a séparé le pays entre le nord et le sud de 1955 à 1975. Sur ce fond de conflit, émouvant et parfois très dur, elle parvient tout de même à faire naître en nous l’espoir.

La vie devant soi de Romain Gary/Emile Ajar
Norstedts
Traduction : Bengt Söderbergh

Momo est un petit garçon arabe d’une dizaine d’années. Comme plusieurs enfants abandonnés, souvent des « fils de putes », il est élevé au sixième étage d’un immeuble chez Madame Rosa, une vieille femme juive pour laquelle il éprouve une profonde tendresse. Mais Madame Rosa voit sa santé décliner et ne veut surtout pas aller à l’hôpital. Momo va lui tenir compagnie et tout faire pour offrir à cette femme une mort digne.

Dans ce roman, l’enfance, la mort, la vieillesse, le milieu des prostituées et des émigrés s’entremêlent savamment pour former une œuvre atypique, pimentée de trouvailles langagières hors norme, drôles et décalées.

Les derniers mots du roman sonnent comme une promesse : “Il faut aimer”. Romain Gary a d’ailleurs reçu le prix Goncourt pour ce roman, sous le nom d’emprunt d’Emile Ajar

Eiffel de Nicolas d’Estienne d’Orves
Sekwa
Traduction : Ulla Linton

Paris, 1886. Obsédé par ” sa ” tour de métal, une bagatelle d’acier de 300 mètres de hauteur qu’il s’est lancé le défi de construire en plein Champ-de-Mars, Gustave Eiffel ne quitte plus ses ateliers. Certes, l’Exposition universelle mérite bien ce pari, et la France, de croire à nouveau en sa toute-puissance. Mais est-ce l’unique raison qui pousse celui qu’on surnomme ” le magicien du fer ” à griffonner sans relâche des plans pour trouver la forme parfaite ? Depuis ce dîner chez le ministre du Commerce, et cette idée folle qu’il a lancée devant le Tout-Paris, l’ingénieur est comme possédé. Quelles que soient ses esquisses, c’est Adrienne, son amour perdu réapparue ce même soir, qui se dessine, la magnifique cambrure de son dos qui cascade depuis la nuque jusqu’à la taille. L’illumination le frappe : ce n’est pas une ligne droite qui doit mener du pilier au sommet, mais une courbe, incarnée, vivante. ” Nous allons construire un rêve ! ” Désormais la vie de Gustave ne tient plus qu’à un A majuscule, celui de sa tour qui s’élance dans le ciel de Paris, prête à le transpercer et le conquérir… Un roman qui mélange fiction et réalité et qui nous livre l’histoire d’amour qui a changé Paris a tout jamais.

Notre Dame du Nil de Scholastique Mukasonga
Tranan
Traduction : Maria Björkman

Rwanda, début des années 1970. Au lycée Notre-Dame du Nil, près des sources du grand fleuve égyptien, de jeunes filles en fleurs se préparent à devenir de bonnes épouses, de bonnes mères, de bonnes chrétiennes. Mais sous le calme apparent couve la haine raciale. Un quota “ethnique” limite à 10 % le nombre des élèves tutsi, les persécutions se multiplient et voici que s’approchent les nervis du pouvoir… Rescapée du massacre des Tutsi, Scholastique Mukasonga nous offre une oeuvre poignante, où des adolescentes aux mains nues tentent d’échapper à une Histoire monstrueuse.

Le roman est traduit par Maria Björkman, la traductrice, d’entre autres, Annie Ernaux, Nina Bouraoui et Marie NDiaye. 

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